Droit d’asile :
Un ressortissant érythréen, déserteur du service militaire, est reconnu réfugié par la CNDA

(CNDA, 21 janvier 2026, n° 25020249)

Par une décision du 21 janvier 2026 (n° 25020249), la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu la qualité de réfugié à un ressortissant érythréen, représenté par le cabinet, en raison des risques de persécutions encourus du fait de sa désertion du service national et de son départ illégal du pays.

S’appuyant sur de nombreuses sources internationales, elle rappelle que les Érythréens ayant quitté le pays sans autorisation sont perçus comme des « traîtres » par les autorités, exposés à des arrestations arbitraires, à la torture et à des détentions dans des conditions inhumaines, du seul fait de leur sortie irrégulière du territoire. Elle souligne par ailleurs que le service national érythréen, obligatoire et à durée indéterminée, demeure une violation grave et systémique des droits humains, et que la désertion ou la soustraction au service est assimilée par le régime à une opposition politique, lourdement réprimée (tortures, violences, travaux forcés), comme en attestent les rapports récents de l’EUAA, d’Amnesty International, du Département d’État américain et des Nations unies.

La CNDA relève le caractère précis, constant et personnalisé des déclarations du requérant sur son parcours militaire, ses détentions, sa désertion et les conditions de son exil, et en déduit la crédibilité des risques qu’il invoque en cas de retour.

Au regard de ces éléments, la Cour juge qu’il « craint avec raison d’être persécuté » en cas de retour en Érythrée, en raison des opinions politiques hostiles au régime qui lui sont imputées du fait de sa désertion et de sa fuite illégale, et lui reconnaît en conséquence la qualité de réfugié.